Tons au Naturel, vol. 1 & 2

Octave Callot et sa fanfare des Beaux-Arts et autres Lieux

Production FOC Pépé 01, double K7, 1983

Dans la suite ou en même temps que Ragtime, nul n’a pu me le dire, voici un enregistrement sorti par la fanfare Octave Callot et distribué sous la forme de deux cassettes audio (ou K7). Nous sommes ici éloigné du bel objet qu’est le disque mais cet objet peu cher à produire et facile à vendre en direct. La majorité des orchestres faisant la manche à cette époque avait de telles cassettes à proposer.

En fait, cet enregistrement date de 1981. La séance a eu lieu au CISP (Centre International de Séjour de Paris)1, situé avenue Maurice Ravel (ça ne s’invente pas…) à Paris où la fanfare Octave Callot répétait.

Vincent Gielly explique : 

“A l’époque, c’était là que nous répétions, je crois en payant un petit loyer. Une occasion s’est présentée de donner un concert pour le compte de notre bailleur. Je ne sais plus si nous étions payés ou si c’était du donnant-donnant… Je crois que nous avions prévu un bel enregistrement : il y avait un micro de scène et une régie. Manque de bol, cet enregistrement-là a foiré. Heureusement, l’Assureur avait posé sur la scène un petit magnéto japonais qui était sa spécialité. Par “spécialité”, je veux dire qu’il avait des prix là-dessus et qu’il en a fourgué à toute la fanfare. Bref, on a pu récupérer deux K7 tout à fait standards et grand public. Et manque de bol bis : un son pourri et un “trou” musical (le temps qu’on change de K7). Avec l’accord de la fanfare, j’ai rangé les K7 chez moi et on les a oubliées.”

Toutoune retrouvera ces enregistrements deux ans plus tard et décide de sauver ces cassettes et les produire pour la fanfare. L’idée était de “les diffuser en grand nombre, données ou vendues”. Un professionnel de la reproduction sonore en masse refera donc une bande son nettoyée et améliorée. Restait le problème du “trou” au changement de cassette, on en parlera plus loin.

1983 : Fanfare Octave Callot "Tons au Naturel" Volume 1 - Recto
Recto de la jacquette, K7 vol. 1
1983 : Fanfare Octave Callot "Tons au Naturel" Volume 2 - Recto
Recto de la jacquette, K7 vol. 2

On notera la qualité du titre de ces volume “Tons au Naturel” pour lequel Toutoune m’a écrit récemment : “Ce qui m’inquiète, c’est le titre “Tons au naturel”, je ne souviens pas avoir eu cette bonne idée…”.
Pour Poulou : “… cet enregistrement est sans retouche, d’où le titre…”

1983 : Fanfare Octave Callot "Tons au Naturel" Volume 1 - Verso
Cassette 1
1983 : Fanfare Octave Callot "Tons au Naturel" Volume 2 - Verso
Cassette 2
1983 : Fanfare Octave Callot "Tons au Naturel"
La Fanfare Octave Callot au début des années 80 Debout de gauche à droite : L'Assureur, Labiche, Huet, Volo, Poulou, Chômette Devant : Toutoune, Nanou, Callot

On notera de même que la fanfare ne se présente pas comme fanfare des Beaux-Arts mais comme Musique Champêtre des Beaux-Arts & autres Lieux. Cette modification du statut de la fanfare s’explique évidemment, comme nous en avons parlé dans la rubrique précédente, par le changement du personnel plus seulement réservé aux élèves et anciens élèves des Beaux-Arts mais venant d’autres horizons. Dans une interview sur France 3 en 1988, Octave Callot explique cette évolution de la fanfare2. Une manière d’affirmer une identité résolument tournée vers le début du siècle (le 20ème évidemment) comme le répertoire enregistré le démontre. Car si l’on excepte 8 1/2, tous les morceaux joués sont antérieurs aux années trente.

Et, au cas où on ne l’aurait pas bien compris, il suffit d’écouter le maitre présentant son concert avant de jouer :

“Bonsoir Mesdames, bonsoir Mesdemoiselles, bonsoir Messieurs. Le concert que nous donnons ce soir, organisé au profit des organisateurs de… concerts, se situe à l’aube du siècle; une aube qui nous mènera jusqu’en fin de matinée puisque nous dépasserons largement les années 1925 et 30, voire au-delà, si notre diva se sent en voix. Mais çà, ce  sera la surprise. Nous allons donc commencer par le commencement, un morceau écrit dans la nuit du 31 décembre 1900 au 1er janvier 1901…”

L’écoute de ces cassettes confirme le virage pris quelques années auparavant par la nouvelle Fanfare Octave Callot. Le répertoire se décompose en deux orientations principales : la chanson française qu’elle soit populaire ou issue d’opérette et la musique américaine notamment dixie avec des polkas, des marches, des bostons (valses).

Bien-sûr, certains de ces morceaux comme La Matchiche, la Marche du Colonel Bogey, En Revenant d’la R’vue font déjà partie du répertoire des fanfares de l’École mais l’ensemble forme un répertoire typique propre à la Fanfare Callot.

L’écoute de Suzon la Blanchisseuse ne manquera pas d’étonner avec un petit évènement sonore imprévu. Toutoune nous a parlé d’un fameux trou dans un morceau. L’enregistrement ayant été effectué à l’aide d’un petit magnétophone à cassette, celle-ci s’est arrêté au milieu du morceau et le temps de retourner la cassette, un partie du morceau n’a pas été enregistré. On aurait pu mettre le morceau de côté mais comme il était aussi chanté par Crespel3, la Diva dont parle Callot au début du concert, la fanfare souhaitait le garder. Toutoune eu l’idée d’un stratagème : 

“Restait le problème du “trou” au changement de K7, dans “Suzon la blanchisseuse”. 
A l’époque, on n’avait pas l’informatique d’aujourd’hui. Chez moi, j’ai mis un petit magnétophone à côté du téléphone (le gros gris de l’époque).  J’ai demandé à Anne de se tenir à côté de l’installation et de décrocher/enregistrer quand ça sonnerait. Puis j’ai couru à l’entrée de la rue de Villafranca où se trouvait une cabine téléphonique. J’ai appelé chez moi et j’ai dit un truc dans le genre : “Allô, je voudrais parler à la Fanfare Octave Callot, s’il vous plaît…”. Puis la sonnerie et l’appel ont été incorporés à la bande.  Je crois me souvenir que l’effet est assez réussi, au moment du refrain… Ni vu, ni connu, plus de trou… même si on ne comprend pas la raison de cet appel téléphonique…”.

Pour cet enregistrement, Octave Callot fait donc revenir son vieux complice André Crespel, bassiste de la première heure dans la fanfare et fidèle jusqu’au bout du modèle beaux-arts jusqu’en 68. Mais ici Crespel prend le rôle du chanteur, à l’accent parisien et quelques peu gouailleur dans l’esprit des comiques troupiers.

Vol. 1 - FACE A

  1. Repasz band march
  2. Marche des accordéonistes
  3. Amoureuse
  4. La Matchiche
  5. C’est l’piston
  6. Bink’s waltz

Vol. 1 - FACE B

  1. Marche du Colonel Bogey
  2. Les enfants terribles
  3. Au Grand Café / Joue moi de l’électrophon
  4. Rue de la Manutention
  5. Suzon la blanchisseuse (*)
  6. Avec l’ami Bidasse (*)
  7. En revenant d’la r’vue

Vol. 2 - FACE C

  1. Roses de Picardie
  2. Perles de cristal
  3. Whispering
  4. Always
  5. Adieu foulard
  6. Huit 1/2

Vol. 2 - FACE D

  1. Salomé
  2. Couché dans le foin
  3. Au plaisir des bois
  4. La vie parisienne
  5. I want to be in Dixie
  6. Le galop de Jules et Jim

Les fanfaristes jouant sur cet enregistrement :

  • Trompette et cornet : Michel Weber (Her Web), Alain Vaulay (Volo),
  • Alto : Agnès Chaumat,
  • Basses : Yves Poinsot (Octave Callot), G.Schopfer (L’Assureur),
  • Trombone : Bernard Chaumat (Chômette),
  • Clarinette : Alain Baujard (Bojar)
    Piccolo : Hervé Huet (Uët)
    Contrebasse : Patrice Charbonneau (Poulou)
  • Banjo : Vincent Gielly (Toutoune),
  • Grosse Caisse : Anne Gielly (Nanou)
  • Caisse Claire : Jean-Claude Ducerf (Labiche)
  • Vocal (*) : Crespel.

Les cassettes sortent donc en 1983 sous le label FOC, référencé pépé.01, ce sont des cassettes audio et portent le titre de « Tons au Naturel – volume 1 » et « Tons au Naturel – volume 2 »
Elle n’ont jamais été rééditées.

Vous pourrez écouter ces cassettes en suivant ce lien :

Notes et références

  1. https://www.cisp.fr
  2. Une interview présente sur le site "Bienvenue à la Fanfare Octave Callot": https://www.fanfare-callot.fr/interview-octave-callot.html
  3. André Crespel jouait de la basse dans la fanfare Callot. On le retrouve dès le 1er 25cm "Chasseurs de Son" et le 30cm "Aux Assassins" en 1957 jusqu'au dernier disque enregistré avant 1968.