Plus jamais ça

FANFARE ZAVA

Production MF, 33T, 1974

La Fanfare Zava est la fanfare de l’Atelier Zavaroni1 version années 1970. Contrairement aux fanfares antérieures de l’atelier, elle ne reprend pas le nom d’Otello2 qui avait été gardé par les anciens de l’atelier. Ceux-ci avaient résisté à 1968 et fait perdurer la fanfare renforcée de membres issus, entre autres, des Arts-Déco.

1974 : Fanfare Zava "Plus jamais ça" - pochette recto
Recto de la pochette

Cette fanfare voit donc le jour au début des années 70 au sein de l’atelier Zavaroni et vit essentiellement sa vie de fanfare d’atelier.

En fond, la basilique du Sacré-Coeur, due à l’architecte Paul Abadie au terme d’un concours gagné contre 77 autres projets en 1873. Première pierre en 1875, la basilique est achevée en 1914. Abadie mourût en 1884, son oeuvre fut achevé par Daumet puis par Laisné. Il fallait au moins tout ce beau monde pour cette grande oeuvre.

Plus jamais ça, “gravé” au Letraset3 sur le fronton concerne-t-il l’architecture de l’édifice ou la musique gravée ? D’après François LACOSTE (Biquet), ce “Plus Jamais ça” correspondait aussi à la couverture du Charlie Hebdo n°177 du 8 avril 1974 faisant suite à la mort du Président Pompidou.4

1974 : Charlie Hebdo "Plus jamais ça !"
La Une de Charlie Hebdo du 8 avril 1974

On ne sait pas d’où vient l’idée de cette pochette . On imagine que le choix du Sacré-Coeur est architecturalement bien adapté au choix du titre du disque. Les Zava, ils ne sont pas les seuls, avaient une forte propension à se balader à poil mais, pas facile de poser de la sorte dans un lieu extrêmement touristique et donc bien achalandé en matière de maréchaussée ! 

Alors, ils décidèrent de faire ça de nuit, mais il faut de la lumière donc la photo fut prise vers 5h00 du matin entre deux rondes de police ! Dans leur souvenir, il faisait plutôt frais…

Le verso rappelle la pochette faite par l’atelier La Mache pour illustrer le disque enregistré lors de l’enterrement de l’atelier de la rue Visconti, disque dont nous avons parlé précédemment. Ici, il s’agit essentiellement des membres de la fanfare, leurs conjoints, des membres de l’atelier.

1974 : Fanfare Zava "Plus jamais ça" - pochette verso
Verso de la pochette

X

Wagon et sa femme

X

X

Gigot

Claudine Chevrier

Cruypenninck

Ruols

Louria

Cullet

X

Béatrice Tarrade

Ponfilly

Guille

Vaconsin

Momo (*)

X

Autin

Otello Zavaroni (**)

Lacoste, Sarri, Pouey

Cornet

Pouey et Mazerand

Pouey

Pujol

Cornet et sa femme

Ruols

France Ruols

Chevrier

Sylvie Tabanou

Chemla

Ledoux

Sari

Glize

Gigot

Cruypenninck

X

Ponfilly

Meyran

Gervaise

Vautibault

Chauvet

Meyran

Lacoste

Miralles

Giraud

X

Wagon

Vautibault

X

Chauvet

Sari

Awwazu

Thieulin

Lacoste (ses fesses)

Annick Janvier

Robert

X

X

X

X

X

X

Giraud

(*) Maurice, dit Momo, gardien de l’Ecole
(**) Patron de l’Atelier

 

Coté microsillon, on commence par un air de cour, musique qu’on imagine moins bien dans un atelier d’architecture qu’à la cour du roi au 17ème siècle. Pourtant cette fanfare n’est pas de Versailles. La Charrette et la Gaillarde sont dans la continuité, des reprises de quintet de cuivre du 16ème siècle adaptées presque proprement, le tout enregistré dans une ambiance sonore à l’écho rappelant une église ou un château.

La Grosse Noce vient remettre de l’ordre dans cette ambiance de fanfare d’école, esprit bal champêtre avec en début et fin, une ambiance de mariage.

Peer Gynt pourrait avoir été enregistré lors d’un concours ou d’un pince-fesse. A l’écoute, on s’attend à une large mise en scène.

Puis un Petit Paso rebaptisé Les Mantilles et le Tango de l’Eléphant, morceau Zava par excellence puisque la fanfare de l’atelier précédente, Otello, l’avait déjà enregistré dans son Beaux-Arts à la Neige. Le reste de l’enregistrement est à l’avenant, vif et plutôt bien joué, avec de réels arrangements, vraiment dans la continuité des fanfares d’école, avec des morceaux dont bon nombre font aujourd’hui partie de ces fameux saucissons qui font notre tronc commun tel le fameux Funiculi Funicula que les Zava datent du 12 janvier 1718, on ne sait pourquoi5. Une exception avec La Jurassienne, morceau alerte et moins simple qu’il n’y parait, finissant comme il peut.

Le disque finit par une interprétation chantée du Pompier, comme il peut être chanté à l’atelier, c’est à dire, délicieusement faux !

1974 : Fanfare Zava "Plus jamais ça"
Les Zava en 1973, à Montmorency dans la maison familiale Samoyault-Müller à l'occasion des 80 ans de Raymond Müller, fondateur de la Grande Masse

FACE A

  1. Air de Cour
  2. La Charrette
  3. La Gaillarde
  4. La Grosse Noce
  5. Peer Gynt
  6. Les Mantilles (Le Petit Paso)
  7. Le Tango de l’Eléphant
  8. Funiculi Funicula

FACE B

  1. Si tu vas a Calatayud
  2. Marguerite
  3. L’incendie à Rio
  4. La caissière du Grand Café 
  5. Sous les ponts de Paris / Le 14 juillet
  6. La musique à Papa
  7. Sous l’aigle double
  8. Le Pompier

D’après François Lacoste, jouaient dans la fanfare et présents dans ce disque :

Trompettes : Gérard “Coco” Cornet, Bernard “Nanard” Cruypenninck, Kozo “Zouzou” Awwazu, “Doudou” Ledoux, Bernard Wagon, Yves “Cucu” Cullet, Jean-Péan “Péan” de Ponfilly, Guy “Riton” Gervaise, Jean-Luc “Cocotte-Poulette” Giraud,
Clarinette : Michel “Glizou” Glize,
Flûte : Wandrille “Poil de Mouche” Thieulin,
Trombones : Alain “Cheche” Chevrier (Chef de fanfare), Alain “Vava” Vaconsin, François “Biquet” Lacoste, Bernard Pujol,
Basses : Claude-Yves “Zanzan-la-culotte” Mazerand, Jean-Pierre “Poupou” Pouey, Bruno Gigot, Jean-Michel “Ruru” Ruols, Béatrice “Béa” Tarrade, Sylvie Tabanou,
Souba : Jean-Claude Chauvet,
Hélicon & tuba : Pascal de Vautibault, Michel “Mimi” Sari,
Grosse caisse : Jacques-Antoine “Loulou” Louria, Claude Chemla,
Caisse claire : François “Roro” Robert,
Triangle : Bernard Autin.

Le disque sort donc en 1974, édité par la Fanfare Zava sous la référence MS 743036, c’est un microsillon de 30 cm, 33 tours et porte le titre de « Plus jamais ça».

Il est distribué, comme majorité des disques de fanfare produits à titre privé par souscription, à l’atelier ou dans les points de vente essentiels comme La Charrette, bistrot et QG des Zava, rue des Beaux-Arts à coté de chez Jourde.6

Ce disque n’a jamais été réédité.

Nous vous laissons ci-après l’opportunité de l’écouter sur ce lien :

Notes et références

  1. https://www.grandemasse.org/?c=actu&p=Filiation_Atelier_Architecture_Blondel-Zavaroni
  2. Otello (et non Othello, une faute d'orthographe que l'on retrouve régulièrement) Zavaroni, Chef d'atelier.
  3. Pour les plus jeunes, ceux qui n'ont jamais connu le calque et un Rotring, Letraset était une marque de planches de transfert, lettres ou trames qu'on appliquait à la main sur le calque. Un boulot pour les nouvôs !
  4. Georges Pompidou, Président de la République, meurt le 2 avril 1974. Charlie Hebdo titre alors dans sa parution du 9 avril cette une "Plus Jamis ça " avec ce dessin de Gébé. Inutile de dire que cela ne plut pas. Rappelons que Charlie Hebdo est né de Hara Kiri Hebdo interdit après sa une sur la mort à Colombey-les-deux-Eglises du Général de Gaulle le 9 novembre 1970 dans son édition du 16 novembre "Bal Tragique à Colombey: 1 mort" en référence à un drame qui avait eu lieu le 1er novembre précédent dans une boite de nuit appelée le 5-7 dans l'Isère et qui avait fait 146 morts. Le lendemain de la parution, le journal était interdit, il reparaitra sous le nom de Charlie Hebdo en référence notamment à Charles de Gaulle.
  5. Funiculi Funicula est une chanson napolitaine écrite en 1880 pour commémorer l'inauguration du funiculaire construit sur le Vésuve. Nous ne savons pas ce qui s'est passé le 12 janvier 1718 et que représente cette date pour les Zava. 
  6. On le trouvait encore en 76 chez Maurice et Françoise qui tenaient La Charrette. Nouvô cette année là, mes sympathiques et néanmoins vénérables anciens de l'atelier La Mache, évidemment en concurrence permanente avec ceux de l'atelier Zavaroni, m'envoyèrent acheter quelques disques des Zava. Le demandant gentiment à Maurice, celui-ci me demanda d'où je venais et à ma réponse, un grand silence se fit dans le bistrot, tous les regards se tournant vers moi. Je ne dus la conservation du reste de ma chevelure à la rapidité avec laquelle Maurice, après m'avoir donné les disques, me dit de partir et ma dextérité à sortir et rejoindre l'Aquarelle où les anciens m'attendaient. Je ne manquais pas de leur exprimer mon mécontentement de ne pas avoir été prévenu...