Appel à contribution pour le bulletin de la SFA

Publication Auteur
02.09.2014
10H04
Pierrick RENAULT DELASAUVAGERE,
Grand Massier Honoraire



La Société Française des Architectes vous invite à contribuer à son prochain bulletin sur le vaste thème: “Architecture et Politique”



▲▼▲▼▲▼▲▼▲ ARCHITECTURE & POLITIQUE ▲▼▲▼▲▼▲▼▲




Dans un passé déjà lointain...


Entre le « pas de politique à l'atéyé »(1) dont les plus anciens des architectes se souviennent et les velléités des plus grandes gloires du métier de devenir conseiller des Présidents de la République, l'écart est grand.

Pas de politique alors, parce que les querelles médiocres pouvaient briser la connivence corporative nécessaire pour assumer notre statut face aux Maîtres : les donneurs d'ordre. La lecture des vieux bulletins de la SADG (l’ancienne Société des Architectes Diplômés par le Gouvernement, de la cuisse de laquelle la S.F.A est sortie toute armée) nous rappelle à quelle altitude les architectes planaient alors : la défense de la culture occidentale, les plus hautes valeurs morales, le conformisme satisfait de la classe dominante.


1968 & après...


Peut-on oublier le bouleversement que la grève générale de 1968 opéra dans cet édifice – qui semblait si solide –, la vie des étudiants en architecture, l'enseignement et la profession ?

La religion s'est établie ensuite de s'appuyer sur une reconnaissance d’État de la nécessité des architectes :

« L'architecture est une expression de la culture. La création architecturale, la qualité des constructions, leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant, le respect des paysages naturels ou urbains ainsi que du patrimoine sont d'intérêt public. Les autorités habilitées à délivrer le permis de construire ainsi que les autorisations de lotir s'assurent, au cours de l'instruction des demandes, du respect de cet intérêt. »


En conséquence :


1° Les maîtres d'ouvrage sont tenus de faire appel au concours des architectes (…). »

Dans les organisations professionnelles des architectes, il est d'usage de gloser savamment, à chaque changement de gouvernement, sur les dépendances ministérielles qui assureraient la meilleure défense du métier et de son enseignement, Culture, Équipement, Logement, Éducation nationale...?


Et maintenant... ?


Les pouvoirs politiques et financiers continuent ici et ailleurs de donner forme à leur domination par des folies architecturales, poursuivent une course à la hauteur, nous préparent des ruines admirables.
On a remarqué à l'occasion des dernières élections municipales que des images de projets d'architecture pouvaient encore constituer des arguments électoraux recherchés.

Simultanément, les architectes ne cessent de constater l'aggravation des conditions d'exercice de leur métier, au point que se pose la question de sa simple possibilité et que se profile la crainte de l'éviction de milliers d'entre eux : c'est ce que les pouvoirs politiques, d’État ou européens, mettent en forme à coup de lois, règlements et déréglementations, défauts de financement et modifications des règles d'accès à la commande.

Que dire du fait que le recyclage sur les façades de nos immeubles de la laine des lourds manteaux abandonnés à nos années baba (2) soit désormais un des signes du moralisme architectural contemporain prôné comme horizon politique indépassable ?


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Architecture & politique, discutons-en...


Autrefois, hier et en ce moment, la dialectique entre Architecture et Politique se poursuit ; Il semble bien que nous soyons à un moment où ces relations posent des enjeux d'importance.

C'est pourquoi la Société française des architectes ouvre à ses lecteurs son prochain bulletin n°52 pour engager le débat à ce sujet en le nourrissant de leurs expériences, de leurs réflexions, de leurs propositions et de leurs désirs polémiques (pour permettre de multiplier les points de vue, nous implorons nos futurs contributeurs d'essayer d'être incisifs … c'est-à-dire courts).

(1) Les plus jeunes auront-ils reconnu dans l'atéyé le lieu où la vie des étudiants des Beaux-Arts se déroulait, de travail et d'ivresse, entre le patron, le massier et le chef-porc ?

(2) Les encore jeunes doivent savoir qu'une génération avant eux se couvrit de peau de mouton brodée l'hiver et de blouse de soie cramoisie ou prune l'été.


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Vos contributions doivent nous être transmises par courriel ou par courrier aux adresses suivantes


▲▼▲▼▲▼▲▼▲ contact@sfarchi.org ▲▼▲▼▲▼▲▼▲

ou

▲▼▲▼▲▼▲▼▲ Société Française des Architectes ▲▼▲▼▲▼▲▼▲
247 rue Saint Jacques
75005 Paris


Dans la mesure du possible, nous vous remercions de limiter vos contributions (format Word) à 10 000 signes. Elles doivent nous arriver au plus tard le 30 septembre 2014.