La fête estudiantine organisée par la Grande Masse des Beaux-Arts en l’honneur de l’amitié Franco-Britannique

GRANDE MASSE DES BEAUX-ARTS / ÉCOLE DES BEAUX-ARTS

30 juin 1938

L’article présenté ici se rapporte à la fête estudiantine organisée au quartier latin par la Grande Masse des Beaux-Arts à l’occasion de la visite officielle en France des souverains britanniques en 1938.

Le contexte historique de la visite des souverains britanniques

Dans une période d’incertitude politique et la montée des régimes totalitaires, avec un climat incertain de guerre menaçante en Europe, une visite officielle en France fut organisée de la part des souverains britanniques, le roi George VI (1895 – 1952) et la reine Elizabeth (1900 – 2002). Il s’agissait de renouveler et de cimenter l’amitié franco‑britannique et « l’Entente cordiale » signée entre les deux nations en 1904 1 . Le 9 février 1938, un communiqué officiel confirma les dates de la visite royale, fixées initialement du 28 juin au 1er juillet 1938 2 . De nombreux évènements fastueux, symboles d’une fraternité publique et politique, furent organisés par la France avec à sa tête le Président Albert LEBRUN (1871 – 1950) et le gouvernement de Léon BLUM (1872 – 1950). Symbole fort, il s’agissait de la première visite à l’étranger du roi George VI depuis son accession au trône en décembre 1936.

La Grande Masse des Beaux-Arts à l’œuvre

Parmi les évènements prévus pour honorer l’amitié franco-britannique, le ministère de l’Éducation nationale a pensé à l’organisation d’une Fête des étudiants des facultés au Quartier Latin à Paris, et, pour cette réalisation, la direction des Beaux-Arts demande à la Grande Masse des Beaux-Arts de s’en charger. Rien de surprenant dans ce choix qui n’est pas du tout un fait du hasard, cela dans la mesure où Georges HUISMAN 3 , Directeur Général des Beaux-Arts est un « familier » des étudiants de la rue Bonaparte. Ce dernier, « Grand Massier d’Honneur » 4 a, depuis sa nomination au ministère de l’Éducation Nationale en 1934, pu prendre la mesure des divers évènements organisés par la Grande Masse des Beaux-Arts 5 auxquels on peut ajouter celui du Bal des Quat’Z’Arts 6 , manifestations de la culture de l’École des Beaux-Arts et de l’esprit d’atelier dans des épisodes fédérateurs donnant très souvent lieu à la création de décors et de déguisements à caractères hautement artistiques.

Dans un communiqué adressé aux journaux de presse, peu avant la manifestation, le ministère de l’Éducation nationale (direction des Beaux-Arts) précise :

Cette fête consiste en une grande cavalcade de gigantesques chars, qui s’ébranlera à 21h30 de la place Saint-Germain des Près, et empruntera le boulevard Saint-Germain, la rue Danton, la place et le boulevard Saint-Michel, la rue Soufflot, pour aboutir à la place du Panthéon où un grand bal aura lieu.

Au cours de ce bal de nombreuses attractions seront offertes au public : chansons d’étudiants, chœurs, lacher de ballons, et à minuit minuit, lacher de la Montgolfière de l’amitié franco-britannique, déployant sous les feux des projecteurs les bannières des deux pays amis.

La cavalcade comprendra : 1) Fanfare de cors de chasse à cheval ; 2) Char des pavillons et des écussons franco-britanniques ; 3) L’entrevue du Camp du Drap d’Or, sur deux chars traînés par un nombre impressionnant de chevaux empanachés et habillés ; 4) Char de la Romance anglaise (1830) ; 5) le Cornemuseux (effet de mouvement obtenu par le gonflement artificiel de la cornemuse) ; 6) Le kiosque à musique (1900) ; 7) La Madelon et le Horse Guard (1914) ; 8) Le char des Étudiants anglais et français suivi par toutes les corpos et associations d’étudiants des deux pays.

Pendant tout le défilé de puissants éclairages pyrotechniques baigneront de lumière ces géantes figurines. Tandis que sur les chars et dans leur escorte une figuration grouillante, brillamment costumée, augmentera l’évocation de leur sujet.

C’est donc dans le brouhaha, la fumée les chants, les musiques, les oriflammes, les torches, les feux de Bengale, que se déroulera cette immense parade de 250 mètres, et où certains sujets s’élèveront à une hauteur de trois étages.

La place du Panthéon sera décorée par des guirlandes lumineuses, pavois, motifs décoratifs de grands mâts en épi, et par les chars qui, puissamment éclairés indirectement, constitueront un fond grandiose à la perspective de la rue Soufflot, alors que devant cette masse lumineuse se détachera à contre-jour le char-kiosque à musique, autour duquel la foule endiablée tournera jusqu’à l’aube.

La direction des Beaux-Arts a chargé la Grande Masse de l’École des Beaux-Arts de l’organisation de cette fête. Le succès leur est déjà assuré, et ces jeunes artistes mettront tout leur talent et leur esprit à la réalisation de ces chars et à la décoration de la place du Panthéon, et y apporteront le même enthousiasme qu’à toutes leurs manifestations d’École.

La Grande Masse, pour mener à bien sa mission, se voit honorer de la part du ministère une subvention de 100.000 francs. 7 , et ainsi, sous la direction de Paul DUFAU 8 , Président Grand Massier, et surtout sous celle de Jean-Pierre TROUCHAUD 9 , Président du Comité des fêtes, et sous celle d’Émile DESCHLER 10 , l’association, reconnue d’utilité publique par décret du 12 janvier 1932, se met en œuvre pour la fabrication des chars et des décors.

La construction des chars débute en premiers lieux dans les ateliers de la rue Bonaparte, du quai Malaquais et de la rue Jacques Callot pour s’achever dans l’ancien garage à tramway de la rue Didot/rue du Château à Paris 14ème. Le journaliste René PERNOUD (1906 -1990), invité à voir la construction des chars, relate dans le quotidien de presse « L’Intransigeant » du 01/07/1938 11

Ça y est ! On est “charrette”.

Vous dites ?

– Ah oui, c’est vrai, vous n’êtes pas initié. C’est une expression des Beaux-Arts pour dire qu’on est en retard…Mais ne vous frappez pas : on sera prêts tout de même ce soir pour le grand défilé de ce que les textes officiels nomment la “Jeunesse estudiantine”.

Et notre guide, J.-P. Trouchaud, président du Comité des fêtes de la Grande Masse, nous promène à travers l’immense hangar où s’élaborent les neufs chars énormes et rutilants qui vont prendre part au cortège organisé en l’honneur des souverains britanniques.

Pour l’instant, ces chars sont encore à l’état de carcasses mal définissables, aux squelettes vêtus de journaux tachetés de vives couleurs.

De hardis compagnons sifflent sur leurs échelles, comme des héros de Sully-Prudhomme ; ils se sont mis à l’aise : en slips, torses nus, certains se sont même mués en palettes vivantes, sans doute pour expérimenter sur eux-mêmes les jeux des nuances et des volumes.

De-ci de-là, on voit s’élever un arbre tordu par le vent gaëlique, un portique vert destiné au “Camp du Drap d’Or” ; à terre git une tête monstrueuse, Janus qui figure, à droite un étudiant français coiffé de la Faluche, à gauche un fellow d’Oxford à la casquette en calotte.

D’aimables étudiantes en short parachèvent l’ornementation intérieure des narines caverneuses de cette trogne.

Photographie de la préparation des chars. / Source journal "Ce Soir" du 01/07/1938.
Photographie de la préparation des chars. / Source journal "Paris-Soir" du 01/07/1938.
Photographie d’un des chars en préparatif dont le motif est une tête d’étudiant d’Oxford / Source journal "L’Œuvre" du 01/07/1938.

Pour compléter ce passage sur la préparation des chars, il m’est possible de préciser, par rapport aux sources retrouvées,  les auteurs de certains d’entre eux : il s’agit pour le char “Le kiosque à musique (1900)” de l’œuvre conjointes de Jean du CAILAR 12 et de Charles PIOT 13 , pour le char “L’entrevue du Camp du Drap d’Or” de l’œuvre conjointes de Robert MADDALENA 14 , de Guy MÉLICOURT-LEFEBVRE 15 et de Victor SCHIRRER 16 et pour le char “La romance anglaise (1830)” d’Étienne BEAUDOUIN. 17

La cavalcade ou corso du 30 juin 1938

L’ajournement de la venue des souverains britanniques en France, pour les raisons exposées précédemment, faillit compromettre le déroulement de la fête. Il avait été envisagé de la reporter au 22 juillet mais toutes les facultés étant fermées, il eut été trop difficile, même impensable de réunir un nombre suffisamment important d’étudiants. La date du 30 juin fut donc maintenue par les pouvoirs publics.

Article du journal "Excelsior" du 29/06/1938.
Projet-fresque de l'ensemble des chars du cortège. / Source journal "Excelsior" du 29/06/1938.

Ainsi donc, le jeudi 30 juin, dès neuf heures du soir sur la place Saint-Germain-des-Près, les groupes d’étudiants qui devaient escorter les chars commencèrent de se réunir avec, parmi eux, les jeunes britanniques de la Cité Universitaire. Vers dix heures moins le quart les chars parurent aux acclamations générales. Une foule gaie et enthousiaste considérable s’était massée aux alentours de la place, foule dont la densité devait s’accroître sur les trottoirs des voies que devait parcourir le défilé. Le cortège des chars attelés, précédé de la fanfare à cheval du 11ème régiment de cuirassiers et des officiels de la Grande Masse et des augures du Comité des Fêtes se mit alors en branle entouré de centaines d’étudiantes et d’étudiants qui avaient allumé des feux de bengales multicolores et agitaient des torches. Enfin la cavalcade et son monôme bruyant, parvenaient rue Soufflot puis place du Panthéon décorées de drapeaux français et anglais, bientôt complètement envahies, puis submergées par une cohue sans nombre. Dételé et relayé par toute une batterie de haut-parleurs, le char du kiosque à musique prenait position à l’entrée de la rue Soufflot, tandis que les autres chars étaient rangés sur la place éclairée par des projecteurs avec le Panthéon brillamment illuminé par les feux croisés de ceux-ci et par les feux de bengales. Alors le bal commença. Des feux de joie s’improvisèrent devant le Panthéon et à la lueur des flammes on voyait des farandoles tournoyer autour des brasiers. Le bal, qui fut interrompu à minuit par l’envol d’une montgolfière à la nacelle de laquelle des bannières de trente mètres étaient pendues, prit fin au petit matin.

Photographie du char sur lequel était déposé un immense Union Jack. / Source journal "Le Phare de la Loire " du 02/07/1938.
Photographie d’un des chars. / Source journal "Le Journal " du 01/07/1938.
Photographie du char de La Madelon et du Horse Guard et, en arrière, de celui du cornemuseux. / Source journal "Le Matin " du 01/07/1938.
Photographie des chars devant le Panthéon. / Source journal "Ce Soir " du 02/07/1938.

René PERNOUD, dont nous avons lu un article précédemment, fait un récit de cette fête dans un article intitulé « La nuit blanche des horse-guards rouges » dans le quotidien de presse « L’Intransigeant » du 02/07/1938 :

Ils étaient trois, qui passèrent une nuit blanche, comme le hussard rouge d’Alphonse Allais 18 , mais moins triste fut leur aventure.
Trois horse-guards magnifiques sanglés dans leur courts dolmans, coiffés de hauts bonnets à poils, en l’honneur de Leurs Majestés britanniques.
On les vit sur un char, hiératiques dans leur garde-à-vous, en tête du somptueux cortège qui s’ébranla hier au soir, à la nuit commençante, devant l’église Saint-Germain-des-Près, bordée de terrasses où souffle l’esprit.
Une fanfare de cavalerie les précédait, vibrante de tous ses cuivres : et les chars suivaient, énormes, agressivement peinturlurés, branlant au pas majestueux des percherons.
Il y avait celui des pavillons et écussons ; les portiques jumeaux du Camp du Drap d’Or, abritant le galant roi François et Henri VIII, le veuf abusif ; le gigantesque souffleur de cornemuse, gonflant son instrument en ondulations folichonnes ; l’étudiant à double face, franco-anglais, juché sur une pile de livres ; la romance anglais, au couple figé sur un tertre dans le geste du serment éternel, dominant un chœur émouvant de roses jeunes filles ; le kiosque 1900, où les musiciens, gibus en arrière, manœuvraient vaillamment leurs trombones ; mais nul ne le cédait en prestance à celui des trois horse-guards.
Tout le long du boulevard Saint-Michel, la foule hurlait et trépignait d’aise, pour se figer dans un silence d’extase au passage des trois glorieux guerriers sanglés dans leurs dolmans rouges.
Et quand le bal s’ouvrit sur la place du Panthéon, quand les grands hommes de la patrie reconnaissante, croyant à des nouvelles funérailles officielles, à quelque pompe avec les quatre facultés, le barreau et la magistrature, sortirent de leur sommeil séculaire au flonflon sentimental des cornets à piston et des bugles ; quand les flammes de bengale noyèrent la place moutonnante de peuple sous une fumée méphitique, alors on vit les trois horse-guards, d’un seul geste, descendre de leur char et se ruer à travers l’affluence.
Ils avaient aperçu, flamboyant devant la Mairie du Vème, ce mot magique : « Buvette » !
Ils reprirent leur poste, tandis que la foule se trémoussait, s’ouvrait en grands remous, dans les cris de jeunes filles pincées et chatouillées. Une légère mollesse détendez leur garde-à-vous. Alors, pour revigorer leur énergie faiblissante, ils redescendirent…
Il en fut ainsi plusieurs fois, durant cette belle nuit de liesse discrètement rafraîchie, par instants, d’une brise chargée d’averse. Mais quand la montgolfière s’éleva majestueusement au-dessus de la montagne Sainte Geneviève, les trois horse-guards étaient toujours debout.
Debout, serrés, appuyés l’un contre l’autre : leurs bonnets à poil s’inclinaient maintenant à des angles qui démontraient l’inanité des propositions d’Eulicide. À leurs pieds, les refrains alternaient : « Le bon vin m’endort, l’amour me réveille ! » ou bien éclatait soudain, mugi par les cuivres, l’hymne du Pompier : « Ça sert à donner du courage à ceux qui n’en ont pas du tout ».
Mais quand l’aube se leva sur la place désertée où les chars dressaient leurs figures et leurs paysages aux couleurs pâlies, les trois horse-guards, dignes et hiératiques, s’étaient perdus corps et bien par le travers de la rue Monsieur-le-Prince.

Photographie des trois horse-guards juchés sur le char de La Madelon et du Horse Guard. / Source journal "Ce Soir" du 02/07/1938.

La Grande Masse mise à l’honneur

La cavalcade fut un triomphe considérable et la presse ne manqua pas de souligner le fait.

Extrait du journal « Le Jour » du 01/07/1938 :

Vous, qui n’étiez pas la nuit dernière au quartier Latin, ne cherchez pas à imaginer ce qu’a pu être le défilé des étudiants français à la gloire de l’amitié franco-britannique organisé par la Grande Masse des Beaux-Arts.

Ce fut fantastique d’enthousiasme, de hourras, de lumières, de chansons.
Jamais, depuis des années, la montagne Sainte-Geneviève n’avait porté sur ses épaules une foule pareil.

Extrait du journal « Le Petit Parisien » du 01/07/1938 :

[ … ]Elles (les festivités) furent à la fois somptueuses, animées et fantaisistes. La Grande Masse de l’École des Beaux-Arts, qui avait eu la mission de les organiser, fut à la hauteur d’une telle tâche.

Le journal « Ce Soir » rapporte (extrait) :

Les étudiants – terreur légendaire des bourgeois d’Henry Monnier 19 – ont donné hier libre cours à leurs traditions extravagantes, cette fois officialisées par la Direction générale des Beaux-Arts.
Leur cavalcade franco-britannique aura donné le ton aux réjouissances populaires prévues pour la visite des souverains anglais. Sans doute aucune d’entre elles n’aura le caractère splendidement « tonique », contaminant la foule de sa joie, qui nous fut offert cette nuit, et il faut le regretter.
Ceux qui, chaque année, déferlent dans les rues, burlesques, habilement dévêtus et bariolés pour se rendre au bal des Quat’z’Arts, ou bien suivis de chars monstrueusement bachiques, s’en vont exalter dans un autodafé les mérites du Rougevin, les élèves de l’École des Beaux-Arts, pour ne point les nommer, sont d’éminents organisateurs de fêtes.

Dans la revue d’architecture « La Construction Moderne » du 21/08/1938, Jean FAVIER (1895 – 1946), architecte, ancien élève à l’atelier libre DEFRASSE rend hommage au travail effectué :

[ … ]nous tenons à marquer une réussite à laquelle il convient de donner une mention toute spéciale, car elle est l’œuvre de nos jeunes Camarades, et peut être considérée comme une sévère leçon donnée à ceux qui se font une loi de distraire la foule.
La manifestation organisée par les Étudiants en l’honneur des Souverains Britanniques fut l’œuvre des Élèves de l’École des Beaux-Arts, auxquels, largement, fut accordé un crédit de 100.000 francs. Dans les limites qui leur étaient ainsi assignées nos jeunes confrères, sous la direction de MM. Dufau et Trouchaud, animateurs de la Grande Masse, ont obtenu un remarquable résultat.
Malgré la modestie de la somme qui leur était confiée nos jeunes Camarades trouvèrent moyen de monter 7 chars, dont certains d’une verve truculente, et d’équiper une grande multitude de porteurs de torches ou de pièces d’artifice.
[ … ] la cavalcade estudiantine constituait une large fresque dans l’esprit Rougevin, brossée à grands traits et présentée dans une ambiance de fumée et d’artifice qui lui donnait l’aspect d’un immense tableau au pastel traité par frottis de couleurs vibrantes. Ce défilé était accompagné de chants variés, semés de cris stridents, et coupés de fanfares ; son succès fut prodigieux, tout au long du boulevard Saint-Germain et du vieux Boul-Mich’.

Par ailleurs, dans le Bulletin de la Grande Masse d’octobre 1938, on pouvait retrouver les félicitations de Jean ZAY (1904 – 1944), ministre de l’Éducation Nationale :

Extrait du Bulletin de la Grande Masse d’octobre 1938.
Photographie de la rue Soufflot et du Panthéon. / Source Bulletin de la Grande Masse de juin-juillet 1938.

Notes et références

  1. Le 8 avril 1904 fut signé à Londres, une convention franco-britannique dite « l’Entente cordiale » expression désignant l’ensemble des accords conclus entre les gouvernements du Royaume-Uni et de la République française portant sur la politique étrangère. Cet engagement venait concrétiser une Entente cordiale esquissée cinquante ans plus tôt par Napoléon III (1808 – 1873) et la Reine Victoria (1819 – 1901) lors de la Guerre de Crimée.
  2. . La visite d’État du roi George VI et de la reine Elizabeth en France, initialement prévue fin juin 1938, fut reculée de trois semaines (voyage dans les faits du 19 au 22 juillet 1938), pour une raison majeure : le décès de la mère de la reine, Cecilia CAVENDISH-BENTINCK (1862 – 1938), comtesse de Strathmore et Kinghorne, cinq jours avant le départ prévu. Cette modification ne remettra pas cependant en cause, on le verra plus loin, la date de la fête estudiantine (30 juin 1938) dont il est question dans cet article.
  3. Georges HUISMAN (1889 – 1957) est une personnalité française marquante, à la fois historien, haut fonctionnaire, homme politique et pionnier culturel. Le 4 février 1934, Georges HUISMAN obtient la direction générale des Beaux-arts chargé de la politique culturelle, artistique et patrimoniale. Il est révoqué le 25 juillet 1940 par le régime de Vichy puis réintégré dans ses fonctions en 1944. Il est le créateur du festival de Cannes en 1939 et est le président de son jury de 1946 à 1950.
  4. Lors de l’assemblée générale mensuelle de la Grande Masse des Beaux-Arts du 8 octobre 1937, Georges HUISMAN, Directeur Général des Beaux-Arts, est élevé au grade de Grand Massier d’Honneur en remerciement de tous les nombreux services qu’il a rendu à la Grande Masse et pour son excellent « Esprit d’École ».
  5. Parmi les évènements organisés par la Grande Masse on peut citer le Bal de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ou Gala de la Grande Masse), la fête annuelle de « la ballade du Rougevin » qui est l’occasion d’un défilé de chars construits et décorés, défilé partant depuis la Cour Bonaparte de l’École jusqu’à la place du Panthéon, ou encore le pavillon présenté par la Grande Masse à l’exposition universelle de Paris se tenant du 24 mai au 25 novembre 1937.
  6. Les membres du Comité d’organisation du Bal des Quat’Z’Arts, tous élèves de l’École des Beaux-Arts, sont désignés chaque année par un vote spécifique du Comité et des Délégués organisateurs du Bal précédent. Concernant la Grande Masse, il est important de rappeler ici, que si celle-ci relaie avec enthousiasme dans son Bulletin tout ce qui a attrait au Bal des Quat’Z’Arts, il demeure qu’elle n’est nullement impliquée dans son organisation. Il est à noté également que le Bal des Quat’Z’Arts du 10 juin 1938 eut cette année-là pour thème « Le Camp du Drap d’Or », thème symbolisant la rencontre diplomatique qui se déroula du 7 au 24 juin 1520 entre le roi de France, François 1er (1494 - 1547) et le roi d’Angleterre, Henri VIII (1491 - 1547). Il est bien évident que le choix de ce sujet par les organisateurs du Bal fut largement influencé par la future visite des souverains britanniques cette année là en France. Par ailleurs, on le verra plus loin, un des chars construit pour le défilé du 30 juin aura également ce même thème.
  7. Dans le compte-rendu de l’assemblée générale annuelle du 15 décembre 1938 (publié dans le Bulletin de la Grande Masse n° 122 de Décembre 1938-Janvier 1939), le bilan financier de l’association fait état de la subvention de 100.00 francs et, en parallèle à ce sujet, de la somme de 98.087,65 francs de dépenses.
  8. Pierre DUFAU (1908 – 1985), élève de l’atelier libre d’Architecture HÉRAUD (admission en 1929, 1ère classe en 1932, Massier de l'atelier en 1933, diplômé en 1937). 1er Second Grand Prix de Rome d’Architecture en 1938. Président Grand Massier du 28 février 1936 au 15 décembre 1938.
  9. Jean-Pierre TROUCHAUD (1908 – 1989), élève de l’atelier libre d’Architecture puis officiel EXPERT (admission en 1930, 1ère classe en 1932, diplômé en 1937), directeur du Bulletin de la Grande Masse en 1935 et 1936, Grand massier des architectes en 1937, Président du Comité des fêtes de la Grande Masse en 1938.
  10. Émile DESCHLER (1910 – 1991), élève de l’atelier libre puis officiel EXPERT (admission en 1930, 1ère classe en 1932, diplômé en 1936), membre du Comité des fêtes de la Grande Masse en 1938.
  11. L’article en question s’intitule « S’amuser et amuser les autres, c’est le joyeux programme des étudiants qui achevaient ce matin de préparer la cavalcade dont le défilé égaiera ce soir le Quartier Latin ».
  12. Jean du CAILAR (1912 – 1984), élève de l’atelier libre d’Architecture LEFÈVRE et FERRAN, puis de DEBAT-PONSAN (admission en 1933, 1ère classe en 1936, diplômé en 1945).
  13. Charles PIOT (1914 – 1984), élève de l’atelier libre d’Architecture LEFÈVRE et FERRAN puis LABRO (admission en 1934, 1ère classe en 1936, Massier de l'atelier en 1937, diplômé en 1938).
  14. Robert MADDALENA (1916 – 1997), élève de l’atelier officiel d’Architecture PATOUILLARD-DEMORIANE puis de celui d’Eugène BEAUDOUIN (admission en 1936, Massier du matériel de l'atelier en 1936, 1ère classe en 1939, diplômé en 1957).
  15. Guy MÉLICOURT-LEFEBVRE (1912 – 2003), élève de l’atelier libre d’Architecture LALOUX puis Charles LEMARESQUIER (admission en 1932, 1ère classe en 1936, diplômé en 1945), Président du Comité des fêtes de la Grande Masse en 1939.
  16. Victor SCHIRRER(1914 – 2001), élève de l’atelier libre d’Architecture TOURNON puis de celui de MADELAIN (admission en 1936, 1ère classe en 1941, diplômé en 1949).
  17. Étienne BEAUDOUIN (1918 - ?), élève de l’atelier libre d’Architecture GROMORT et ARRETCHE (admission en 1938, 1ère classe en 1942, diplômé en 1947).
  18. « La nuit blanche d'un hussard rouge » est un monologue d'Alphonse Allais (1854 – 1905) illustré par Caran d'Ache (1858 – 1909), publié en 1887.
  19. « Les bourgeois de Paris : scènes comiques » est un ouvrage d’Henry MONNIER (1799 – 1877), publié en 1854.